La revitalisation des terres dégradées en Afrique est une stratégie de première ligne pour atténuer le changement climatique, tant au niveau local que mondial. Les efforts de restauration sont non seulement cruciaux pour les communautés locales, mais aussi essentiels à l'échelle mondiale en raison des caractéristiques spécifiques inhérentes aux écosystèmes africains. Le système de la mousson africaine en est un exemple : ce système complexe n'a pas seulement un impact sur le continent, mais peut aussi influencer les schémas climatiques à l'échelle mondiale.

Ces influences ont fait de l'atténuation du climat en Afrique un sujet de discussion important au niveau international et ont fait de l'Afrique un point névralgique pour les projets de restauration financés par la communauté internationale. Au cœur de ces conversations se trouve la question de savoir comment faciliter la recherche menée par les communautés et faire en sorte que les connaissances locales soient au premier plan de ce travail.

Pour approfondir cette question, Commonland a réuni des chercheurs et des représentants de la communauté en novembre 2023 dans le cadre d'un projet de recherche sur l'environnement. webinaire sur l'impact des efforts de restauration sur les communautés locales en Afrique subsaharienne. Intervenants Jessica Ruijsch, Ishani Sonaket Ogeli Makui ont partagé leurs points de vue, mettant en lumière les complexités des observations par satellite pour mesurer l'impact des travaux de restauration, les perspectives du peuple Maasai et les données fournies par la communauté dans le domaine de la restauration des paysages.

La restauration vue d'en haut : Le verdissement visible est-il vraiment un marqueur de succès ?

Les travaux de Mme Ruijsch s'appuient sur l'observation par satellite pour étudier l'impact des projets de restauration des terres dans les zones arides et semi-arides d'Afrique. Son objectif ? Élaborer des lignes directrices pour les projets de restauration des sols qui maximisent les effets positifs sur le climat local. Les travaux de Mme Ruijsch ont révélé que le verdissement était visible au-delà des limites des zones ayant fait l'objet de projets de restauration des sols, ce qui laisse supposer un succès généralisé.

Cependant, Ruijsch a également pris en considération l'impact des projets de restauration des terres sur le climat local. Là où des projets de restauration ont eu lieu, un refroidissement s'est produit, sauf dans les régions les plus sèches. Le réchauffement a prévalu dans les régions les plus sèches, malgré les efforts de restauration, ce qui démontre l'importance d'évaluer ce qui fait qu'un projet de restauration est "réussi" ou non. Si la communauté locale ne bénéficie pas d'effets tels que le refroidissement, comment pourrait-elle bénéficier du projet ?

L'intégration de la sagesse des Masaïs et des données satellitaires révèle des lacunes dans l'impact de la restauration des terres

Zoomant sur le sud du Kenya, le travail d'Ishani Sonak intègre le point de vue des Maasai aux données satellitaires. Sonak a examiné dans quelle mesure les Maasai ressentaient l'impact des projets de restauration des terres, en recueillant des déclarations et en comparant l'impact perçu par les Maasai à l'impact visible montré par les données satellitaires. Certains points de vue des Maasai correspondaient étroitement aux données satellitaires, comme les niveaux de précipitations au cours des cinq dernières années.

Cependant, certains impacts perçus étaient contradictoires, comme la façon dont la température affecte les pâturages. Cette divergence montre que les efforts de restauration des terres ne suffisent pas à atténuer les effets de la sécheresse, ce qui souligne l'importance de mieux aligner les efforts de restauration sur les cycles climatiques. Le travail de Sonak montre l'importance de prendre en compte les impacts biophysiques et sociaux des activités de restauration.

Aller au-delà des points de données : une leçon pour les ONG sur la manière de calibrer l'impact

Le point de vue d'Ogeli Makui a permis de mettre l'accent sur l'impact plus large des projets de restauration sur les communautés locales. Pour lui, la collecte de données n'est pas un simple exercice statistique, mais un moyen de comprendre l'évolution des microclimats et leurs effets sur les populations. Makui voit également des possibilités d'améliorer la collaboration entre les ONG et les communautés locales. Il reconnaît les difficultés liées au travail des ONG au sein des communautés locales, mais il s'intéresse également aux possibilités qu'ont les ONG d'apporter une valeur ajoutée aux communautés dans lesquelles elles travaillent en ramenant les connaissances acquises au sein de la communauté. Les idées de Makui ont mis en évidence l'importance pour les ONG de favoriser la collaboration, mais aussi de documenter et de partager les succès et les échecs dans un cycle de réflexion continue.

La restauration en tant qu'approche holistique de l'atténuation du changement climatique

Une Afrique plus verte qui atténue les effets du changement climatique pour les communautés locales et mondiales est indispensable dans un monde qui se dirige rapidement vers un réchauffement de 1,5 degré. Les dirigeants africains prennent le relais et demandent au monde de les soutenir dans cette entreprise. Ils ont récemment occupé le devant de la scène lors de la COP28 pour plaider en faveur de ressources destinées à l'atténuation du changement climatique, ce qui a abouti à des résultats tels que la Déclaration sur l'agriculture durable, les systèmes alimentaires résilients et l'action climatique et l'Alliance pour les infrastructures vertes en Afrique.

Alors que les recherches suggèrent que les initiatives de restauration conduisent à l'écologisation de l'Afrique, les ONG doivent réfléchir au rôle que ces initiatives jouent au profit des communautés locales. Pour rendre l'Afrique plus verte, il faut adopter une approche holistique qui ne se concentre pas uniquement sur les initiatives de restauration, mais qui met également l'accent sur la prospérité et le bien-être des communautés locales.

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