Paysage de bassin fluvial et de littoral constitué principalement d'exploitations agricoles en France.

Le bassin de l'Adour-Garonne couvre 3 régions : Nouvelle Aquitaine, Occitanie et Auvergne Rhône Alpes, dans le sud-ouest de la France. Il s'agit d'une biorégion d'environ 11 600 000 hectares. Elle comprend 120 000 km de rivières, de lacs naturels et artificiels et 420 km de côtes. 

La région est l'une des plus grandes régions rurales d'Europe, représentant plus de 25% d'émissions de GES, et l'une des régions les plus exposées au risque d'érosion. La plupart des terres agricoles du bassin de l'Adour et de la Garonne sont consacrées aux cultures céréalières, à l'élevage et, dans certaines régions, à la viticulture et à l'arboriculture fruitière. Le ruissellement et l'érosion des sols sont amplifiés par les pratiques agricoles conventionnelles majoritairement utilisées.  

La production de vin avec un niveau élevé d'engrais synthétiques, de pesticides et d'autres toxines a un impact sur la santé et la qualité de l'eau ; 38% des masses d'eau de surface et 40% des masses d'eau souterraines libres présentent une pression phytosanitaire significative. Le manque d'eau est également un sujet très sérieux. On estime qu'en 2050, il n'y aura plus que la moitié de l'eau disponible par rapport à la situation actuelle. Le bassin est donc une zone rurale particulièrement sensible, avec des ressources fragiles et imprévisibles à protéger et où un changement des pratiques agricoles est nécessaire, à la fois pour des raisons environnementales et de santé publique. 

Depuis 2022, l'AFAF est membre du collectif BWL et constitue une équipe de tissage, dirigée par Anaïs Rousseau. En juin 2023, le premier atelier multipartite a eu lieu pour explorer l'engagement de trois autres organisations à collaborer à la mission commune de restauration, de protection et de régénération de la biorégion. La priorité est de constituer une équipe de tissage solide avec l'engagement de partenaires stratégiques dans la région. Des entretiens avec les parties prenantes sont également en cours afin d'identifier les principaux acteurs du changement dans la biorégion et de les impliquer dans un éventuel laboratoire de tissage. 

Vision 

Le premier atelier multipartite de l'été 2023 a permis de dégager quelques mesures à prendre avant de s'aligner avec les parties prenantes concernées sur une vision et une mission concrètes et conjointes pour la biorégion. 

Défis :  

  • Mise en place d'une équipe de tissage fonctionnelle, y compris l'optimisation de la gestion administrative et financière des actions, et traduction en un plan d'action concret. 
  • Les acteurs conventionnels et progressistes de la région ont des opinions divergentes sur les pratiques, et il est difficile d'intégrer les acteurs "non engagés" (notamment les agriculteurs conventionnels) dans un processus de changement transformateur. 
  • Il est difficile d'obtenir un engagement à long terme des acteurs publics et privés, y compris des acteurs de l'éducation. 

Opportunités :  

  • Les conséquences visibles du changement climatique, des sécheresses et des inondations créent un "contexte d'urgence", où l'urgence et l'opportunité d'agir deviennent plus claires pour de nombreux acteurs de la biorégion. 
  • Le BWL a le potentiel d'inclure l'ensemble de l'écosystème naturel de cette biorégion : des montagnes aux terres agricoles en passant par le bord de mer, un énorme potentiel de régénération naturelle et la preuve que l'agroforesterie fonctionne. 
  • Des groupes d'acteurs engagés, dotés de réseaux actifs, de compétences, d'expertise et d'initiatives, sont déjà actifs dans la région. Plus précisément, le département du Gers est en pleine effervescence : le financement régional se concentre désormais sur la création d'un écosystème afin de faciliter la transition. De nombreux acteurs travaillent à la transformation du paysage. 
  • Les gouvernements régionaux ont mis en place des plans et des initiatives sur lesquels le BWL peut s'aligner et s'intégrer (par ex. Feuille de route Neo Terra, Pacte pour une alimentation durable Occitanie, La Farbique des Transitions)  
  • Le gouvernement national finance des groupements d'intérêt public (GIP), qui forment des consortiums régionaux avec des organisations semi-publiques pour une cause commune. Le GIP Transitions Occitanie forme un consortium avec l'Inrae, la Région Occitanie et le gouvernement national, la Chambre de Commerce Agriculture et l'Agence de l'Eau Adour-Garonne pour développer des stratégies de travail avec les agriculteurs et les citoyens afin de promouvoir des pratiques agricoles durables. Grands thèmes : qualité et rétention de l'eau, sols sains.Le BWL peut s'aligner et s'intégrer à ce GIP. 
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